Le cri de la mouette ~ Emmanuelle Laborit

le cri de la mouette

Le cri de la mouette

de Emmanuelle Laborit

Roman autobiographique

Pocket – papier (220 pages)

 

Ma note : 20/20

 

Résumé de l’éditeur :

Emmanuelle n’a jamais connu que le silence. Le monde, autour d’elle, n’était qu’une étrange représentation de mimiques, de bruits et de gestes mystérieux. Alors, pour s’évader de cette prison, pour clamer son existence, elle s’est mise à crier. Des cris d’oiseau de mer, disaient ses parents. C’est ainsi qu’elle est devenue la mouette. Mais, à sept ans, Emmanuelle découvre le langage des signes. Le monde intelligible s’ouvre enfin et elle devient une petite fille rieuse et « bavarde ». Aux désarrois de l’adolescence qui vont suivre, s’ajoute la révolte devant l’ostracisme social dont sont frappés les sourds. Mais très vite la réaction, la lutte et la victoire finale sur elle-même : son triomphe au théâtre dans « Les enfants du silence », son combat pour faire connaître les droits de trois millions de sourds.

 

Mon avis :

Hey! Alors voilà, registre complètement différent : l’autobiographie!

Je tenais énormément à vous en parler. C’est un livre qui a su me toucher profondément. Je l’ai lu pour la première fois en troisième (Merci Mme la prof de français!) et qui m’a totalement chamboulée. L’auteur nous décrit sa vie en tant que sourde, ce par quoi elle est passée et comment elle en a fait une force.

Ce livre fait réfléchir de part la description du monde des sourds que nous fait Emmanuelle Laborit mais aussi par la description de son vécu en tant que telle. Il nous remet en question, nous, les entendants et casse certaines images.

Pour moi, la langue des signes correspond à la voix, mes yeux sont mes oreilles. Sincèrement, il ne me manque rien. C’est la société qui me rend handicapée, qui me rend dépendante des entendants.

Tout au long de son autobiographie, l’auteur nous montre que la langue des signes est une langue à part entière et nous montre aussi le problème que représente le fait que la langue des signes ne soit pas utilisée par tout le monde.

Le don de la nature que vous aimeriez avoir? […] le don, je l’ai déjà, je suis sourde.

Son récit est un véritable combat pour faire reconnaître au lecteur qu’un sourd n’est pas handicapé, qu’un sourd n’est pas mal-entendant mais tout simplement sourd ou encore à quel point la langue des signes n’est pas suffisamment utilisée et surtout, en premier lieu, apprise, par les personnes entendantes. Elle nous montre d’ailleurs qu’un sourd peu tout aussi bien faire du théâtre et du cinéma que les gens entendants.

Mon silence n’est pas votre silence. Mon silence, ce serait plutôt d’avoir les yeux fermés, les mains paralysées, le corps insensible, la peau inerte. Un silence du corps.

C’est assez dur de rendre compte dans cet avis du chamboulement qu’à été ce livre. C’est un livre que je conseil et conseil encore! Moi qui n’était, au début, pas partante du tout pour lire le « livre de français », et ben, croyez moi, j’en suis très contente!

Je vois comme je pourrais entendre. Mes yeux sont mes oreilles. J’écris comme je peux signer. Mes mains sont bilingues. Je vous offre ma différence. Mon cœur n’est sourd de rien en ce double monde.

 

 

 

 

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Une réflexion sur “Le cri de la mouette ~ Emmanuelle Laborit

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